Le discours de François Bayrou, homme au demeurant fort sympathique, et que je trouve même courageux dans la détermination qu’il a mise depuis cinq ans à prendre ses distances avec l’UMP, n’en reste pas moins étonnement creux.
S’agissant de la Constitution européenne, il se propose simplement de la rendre « lisible » (discours du 12 février, repris le 5 mars 2007). Quel changement sur le fond veut-il y apporter ? Je l’ai cherché en vain. Sur l’histoire de l’idée européenne – la mise en commun, par exemple, du charbon et de l’acier en 1951 qui nous aurait ensuite évité la guerre, ce n’est qu’un tissu de balivernes et de radotages, que les références pieuses à Robert Schuman, priant, ne peuvent soustraire à un esprit critique même moyennement développé.
De même sur l’Ecole, François Bayrou veut restaurer « la discipline et l’excellence scolaires » (discours de Toulouse du 5 mars 2007. A la bonne heure ! Mais comment compte-t-il s’y prendre ? Nous ne le saurons jamais. Aucune conception claire de l’Ecole n’apparaît jamais dans les discours de cet ancien ministre de l’Education Nationale. M. Bayrou veut réduire la dette et donner un socle social à la République. Mais sur quelles mesures concrètes déboucheront ces pieuses intentions qui risquent fort de s’avérer contradictoires ? Là encore nous resterons dans le flou le plus total. Il n’est évidemment par malvenu de parler d’identité nationale dans une campagne présidentielle.
La nôtre s’identifie largement à l’identité républicaine, laquelle plonge ses racines dans ce qui lui préexistait : la langue française par exemple. Ségolène Royal l’a fort bien exprimé à la Halle Carpentier et à Villepinte.
Ce qui est malvenu chez M. Sarkozy c’est de vouloir créer un ministère de l’immigration et de l’identité nationale. Déjà l’idée de créer un ministère de l’immigration n’est pas, selon moi, une bonne idée : l’immigration est en effet une question transversale qui concerne un grand nombre de ministères. Vouloir créer un ministère-ghetto pour les immigrés est loin d’être une idée géniale mais c’est la conjonction de coordination « et » qui fait le plus problème : la question de l’identité nationale de la France à notre époque est, comme le relève justement Max Gallo, une question décisive. Mais elle n’intéresse pas que les immigrés. Elle concerne tout le pays et d’abord ses élites. C’est parce que celles-ci, depuis longtemps, ont cessé de croire en la France que l’intégration des immigrés est rendue plus difficile*. L’amalgame fait par M. Sarkozy entre l’identité nationale et les immigrés n’est pas innocent. Ce petit « et » est un clin d’œil adressé à une conception de la France qui n’a rien de républicaine. Un petit « et » qui fait mal à tous les républicains. *Cf. à cet égard, l’excellent Cahier de « Res Publica » « La République au défi des banlieues » Ségolène Royal a justement indiqué que le vote des couches populaires fera la décision dans cette élection présidentielle.
Ce n’est pas la course au centre qui peut rassembler cet électorat populaire, dont il convient de rappeler à ceux qui l’ont oublié qu’il a voté à plus des deux tiers contre le projet de Constitution européenne. La course au centre ne peut que gommer les différences.
La montée de François Bayrou dans les sondages ne manifeste en aucune manière une adhésion à un programme. Elle traduit paradoxalement le rejet des alternances sans alternative, le dégoût du système du pareil au même. Les Français voient leur tissu industriel se défaire. Il faut répondre à cette seule question qui les taraude : peut-on encore l’empêcher ? Et comment ? Ségolène Royal avait articulé à Villepinte des propositions claires sur le redressement de la construction européenne. C’est en creusant son sillon pour « une Europe qui protège », pour un Etat puissant, et pour une politique industrielle active que Ségolène Royal fera la différence. ActualitésLe Mouvement républicain et citoyen, le Parti socialiste et le Parti radical de gauche du Territoire de Belfort organisent une réunion publique de soutien à Ségolène Royal autour de Vincent Peillon (député européen), Jean-Pierre Chevènement et Yves Ackermann (président du conseil général du Territoire de Belfort) mercredi 14 mars à 20h30 à la salle des fêtes de Belfort.Querelle sur l'héritage des pères de l'Europe, débat entre entre Jean-Pierre Chevènement et Sylvie Goulard, L'Expansion, mars 2007, page 78
L'entretien est disponible en kiosques.
Sylvie Goulard est présidente du Mouvement européen - France.
Un signe qui ne trompe pas. Les conjoncturistes révisent leurs prévisions de croissance à la baisse pour 2007 et 2008. Voilà qui ne facilite pas la tâche du prochain Président de la République mais qui rendra probablement beaucoup plus audibles des propositions comme une initiative de relance en Europe, une politique monétaire plus soucieuse de la croissance, un gouvernement économique de la zone euro.
En Allemagne, le DGB et le SPD vont se réveiller et la grande coalition à l’approche des échéances de 2009 risque de s’en trouver fragilisée. En France les thèses de Ségolène Royal s’en trouveront renforcées.
Pékin, selon le Premier ministre chinois, M. Wen Ji Bao, veut rendre sa croissance plus sociale : une excellente nouvelle qui va au-devant des désirs exprimés par Ségolène Royal lors de son dernier voyage en Chine. Le développement de ce grand pays est légitime, s’il sait prendre davantage en compte les besoins de sa population (Sécurité sociale, droit du travail, lutte contre la pollution …).
Bayrou a trop de retard à combler sur Sarkozy pour devenir un nouveau Giscard, d’autant que Simone Veil et Jean-Louis Borloo, grandes références centristes, ont choisi leur camp en apportant à Nicolas Sarkozy leur soutien.
Autre grande référence centriste, Raymonde Barre dont on aimerait savoir, après ses récentes déclarations, si François Bayrou continue de se réclamer. |
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