Conférence de Jean-Pierre Chevènement, prononcé lors du colloque franco-russe "La France et La Russie: 1914-1918 - de l'alliance à la coopération" organisé à Yaroslavl par la Renaissance française en Russie, le 16 septembre 2014.
L’alliance franco-russe nouée en 1891 est née de plusieurs facteurs :
D’abord le retournement de la politique allemande après le congédiement de Bismarck par Guillaume II. Son successeur, Caprivi, dénonce le « traité de réassurance » conclu entre les deux Empires, allemand et russe. L’Allemagne privilégie son alliance avec l’Empire d’Autriche-Hongrie et elle cesse d’acheter des titres d’emprunt russes. Or, la Russie a besoin de capitaux pour son industrialisation. C’est la France, ébranlée par l’énorme commotion qu’a été pour elle la défaite de 1870-71, qui va fournir ces capitaux. L’accord diplomatique de 1891 est complété ensuite par des conventions militaires, comportant une clause de secours mutuel en cas d’agression. Pour la France comme pour la Russie, leur alliance est un moyen de sortir de leur isolement diplomatique. Il a fallu convaincre les milieux financiers français, au départ assez réservés à l’égard du tsarisme, mais les nécessités politiques priment. L’épargne française, abondante, s’investit massivement en Russie (un tiers des placements extérieurs français). Sous l’impulsion de Serge Witte (1891-1902), puis de Stolypine à partir de 1905, le développement de la Russie est impressionnant. La tendance générale est à la libéralisation. Une Douma est créée en 1906.
le 28 Octobre 2014 à 10:42
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Jean-Pierre Chevènement était l'invité des "lundis de l'IHEDN", lundi 13 octobre 2014. La conférence sur le thème : "1914-2014 : l'Europe sortie de l'histoire ?" est disponible en intégralité et en vidéo ci-dessous.
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Découvrez le livre de Jean-Pierre Chevènement 1914-2014 : l'Europe sortie de l'histoire? (éditions Fayard) Conférence de Jean-Pierre Chevènement, prononcé à l'Institut Français d'Alger, le 11 octobre 2014.
Merci Monsieur l’Ambassadeur, merci Monsieur le Directeur de m’accueillir à l’Institut français d’Alger. Merci aussi à toutes les personnes ici présentes qui sont venues à ma rencontre, Français ou Algériens. Merci particulièrement aux personnalités algériennes que je reconnais, notamment le sénateur Benyounes, M. Omar Belhouchet directeur d’El Watan, et bien d’autres que je ne puis citer toutes.
Je suis venu en Algérie, guidé par l’amitié, avec une délégation de l’AFA, l’Association France Algérie, avec son secrétaire général, Monsieur Jean-Yves Autexier, ancien député et sénateur, son premier vice-président délégué, Monsieur Raoul Weexsteen que vous connaissez bien, qui est un chercheur éminent, et qui connaît bien l’Algérie. Je tiens à vous remercier, je tiens à remercier d’abord le gouvernement algérien de l’accueil qu’il m’a réservé mais aussi les Algériens que je m’efforce de rencontrer dans leur diversité. J’ai eu l’occasion déjà de voir Monsieur Belhouchet hier et puis d’autres encore, y compris en me rendant à Tizi Ouzou pour des raisons sur lesquelles je reviendrai tout à l’heure. J’ai pu avoir un contact avec les habitants et avec tout ce qui se fait de mieux dans cette terre de Kabylie qui est tellement riche, s’agissant de son patrimoine aussi bien matériel que spirituel. Agenda et médiasJean-Pierre Chevènement était l'invité de PolitiqueS sur LCP, samedi 11 octobre 2014. Il répondait aux questions de Serge Moati.
Verbatim express :
Allocution prononcée par Jean-Pierre Chevènement, le dimanche 5 octobre 2014, dans les jardins de la Maison d'Emile Zola à Médan, à l'occasion du 112è anniversaire de la mort de l'auteur.
Le centenaire de l’éclatement de la Première guerre mondiale peut-il être l’occasion d’une réflexion sur Zola et la guerre ? C’est l’idée que m’a soumise au nom de la Société littéraire des amis d’Emile Zola, Monsieur François Labadens que je remercie ainsi que Madame Le Blond Zola et Monsieur Pierre Bergé pour leur invitation. Je salue également les élus et les participants que je remercie d’être venus si nombreux.
Je ne sais ce qui me vaut l’honneur de m’exprimer devant vous. J’admire Zola certes, pour son engagement d’abord et pour son œuvre : pour sa puissance d’évocation, son style à la fois sec et puissant, les scènes inoubliables qu’il a produites et qui restent comme des moments de la littérature mondiale, une distance d’entomologiste qui donne encore plus de force à l’expression des passions, un sens de la tragédie humaine, bref une grandeur. Je l’admire aussi pour son ambition même qui consiste à décrire une société dans son ensemble. Ambition qui l’égale aux plus grands. De la saga des Rougon-Maquart, je n’ai pas tout lu, même si les œuvres essentielles me sont très présentes, et d’abord « Germinal » et puis « L’Argent » et tant d’autres, y compris la « Débâcle ». Ce livre eut, de son vivant, le plus fort tirage de tous ceux d’Emile Zola parus, mais la mémoire collective l’a quelque peu relégué à l’arrière plan de son œuvre. Je l’ai relu cet été plus attentivement. Jean-Pierre Chevènement était l'invité de l'émission "La voix est libre" sur France 3 Franche-Comté, samedi 4 octobre 2014. Il répondait aux questions de Jérémy Chevreuil.
Verbatim :
Mots-clés :
1983
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sénat
sénatoriales 2014
sme
traité de maastricht
ukraine
ActualitésLes actes du colloque du 23 juin 2014 sont disponible en ligne sur le site de la Fondation Res Publica.![]()
Entretien de Jean-Pierre Chevènement au Courrier de Russie, réalisé le 16 et paru le 22 septembre 2014. Propos recueillis par Nina Fasciaux.![]()
Le Courrier de Russie : Parlez-nous de votre enfance.
Jean-Pierre Chevènement : Je suis originaire de l’Est de la France, je suis né à Belfort. Mes parents étaient instituteurs, mais j’ai été très tôt attiré par la politique. Peut-être est-ce lié au fait que je suis né en 1939 et que mes premiers souvenirs remontent à la Seconde Guerre mondiale. Mon père avait été fait prisonnier, et l’école où ma mère enseignait a été occupée un moment par les Allemands. Ma mère m’avait interdit de manger les oranges que les soldats allemands m’offraient – elles venaient probablement de Tunisie, en 1943 – mais j’ai pu vérifier par la suite que ces oranges étaient inoffensives, contrairement à ce qu’elle me racontait. Mon enfance a été celle-là. Un premier souvenir d’ « éveil » politique ? À quinze ans, je me suis mis à soutenir Pierre Mendès-France, qui avait mis un terme à la guerre d’Indochine. J’étais « mendésiste », comme on disait alors, mais je n’ai pas adhéré au parti radical. Plus tard, quand j’ai étudié les sciences politiques à Paris, je suis resté sur cette orientation. J’ai cependant regretté que Mendès-France n’aide pas de Gaulle en 1958, puis en 1962, car le Général était seul à pouvoir mettre un terme à la guerre d’Algérie. Au fond, j’étais assez gaulliste. Lorsque j’ai été appelé comme sous-lieutenant en Algérie, en 1961, j’étais déjà convaincu qu’elle devait être indépendante – mais qu’il valait mieux que ce soit avec la France que contre. |
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