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Chevènement préférerait "que Ségolène s'appelle Constance"
Par Julien Martin (Rue89), 06/11/2007, 11h15
Pour l'ancien ministre, Royal trahit ses engagements en acceptant la ratification du traité européen par le Parlement.
A la veille de la délibération du bureau national du Parti socialiste sur le traité de Lisbonne, Jean-Pierre Chevènement a dit lundi à Rue89 son opposition au texte. Alors que le PS devrait se prononcer ce mardi soir pour le oui ou pour l'abstention, le président d'honneur du Mouvement républicain et citoyen (MRC) "pense qu'il faut voter non pour des raisons de forme et des raisons de fond".
L'un des plus fervents "nonistes" de 2005, lors du référendum sur le projet de constitution européenne, campe sur ses positions. Et appelle le PS à le rejoindre. Pas forcément sur le traité simplifié lui-même, mais au moins sur la méthode de ratification. Il n'est pas acceptable, selon lui, qu'un texte rejeté par référendum soit de nouveau soumis deux ans plus tard aux parlementaires.
"Je vois avec inquiétude certains dirigeants du Parti socialiste qui ont pris position pour le oui, bafouant ainsi les positions qui étaient les leurs il y a quelques mois", continue-t-il, après avoir rappelé que le projet présidentiel socialiste prévoyait un second référendum. Première visée: Ségolène Royal.
S'il tient à préciser qu'il ne fait plus partie du PS, il n'a pas oublié qu'il avait activement soutenu l'ex-candidate durant la campagne. Mais pour Ségolène Royal, qui prône le oui, Jean-Pierre Chevènement n'a plus que de l'ironie: "J'aime beaucoup Ségolène. Je préférerais simplement qu'elle s'appelle Constance." (Voir la vidéo.)
Par Julien Martin (Rue89), 06/11/2007, 11h15
Pour l'ancien ministre, Royal trahit ses engagements en acceptant la ratification du traité européen par le Parlement.
A la veille de la délibération du bureau national du Parti socialiste sur le traité de Lisbonne, Jean-Pierre Chevènement a dit lundi à Rue89 son opposition au texte. Alors que le PS devrait se prononcer ce mardi soir pour le oui ou pour l'abstention, le président d'honneur du Mouvement républicain et citoyen (MRC) "pense qu'il faut voter non pour des raisons de forme et des raisons de fond".
L'un des plus fervents "nonistes" de 2005, lors du référendum sur le projet de constitution européenne, campe sur ses positions. Et appelle le PS à le rejoindre. Pas forcément sur le traité simplifié lui-même, mais au moins sur la méthode de ratification. Il n'est pas acceptable, selon lui, qu'un texte rejeté par référendum soit de nouveau soumis deux ans plus tard aux parlementaires.
"Je vois avec inquiétude certains dirigeants du Parti socialiste qui ont pris position pour le oui, bafouant ainsi les positions qui étaient les leurs il y a quelques mois", continue-t-il, après avoir rappelé que le projet présidentiel socialiste prévoyait un second référendum. Première visée: Ségolène Royal.
S'il tient à préciser qu'il ne fait plus partie du PS, il n'a pas oublié qu'il avait activement soutenu l'ex-candidate durant la campagne. Mais pour Ségolène Royal, qui prône le oui, Jean-Pierre Chevènement n'a plus que de l'ironie: "J'aime beaucoup Ségolène. Je préférerais simplement qu'elle s'appelle Constance." (Voir la vidéo.)
Le PS mais aussi Nicolas Sarkozy, les cibles de l'ancien ministre sont multiples. "On parle de mini-traité, d'une petite souris... c'est un mammouth, ça", s'exclame-t-il en montrant les "286 pages" du Traité de Lisbonne. "On a repris toutes les dispositions du projet de constitution européenne, à part le mot constitution."
Autant de raisons qui l'incitent à rejeter le texte pour les mêmes motifs qu'en 2005: le déséquilibre du couple moteur franco-allemand, le principe de la concurrence libre et non faussée, la perte d'autonomie de la France sur la scène internationale... On ressert donc un texte identique, estime Jean-Pierre Chevènement, qui s'emporte: "On prend les Français pour des cons." (Voir la vidéo.)
Autant de raisons qui l'incitent à rejeter le texte pour les mêmes motifs qu'en 2005: le déséquilibre du couple moteur franco-allemand, le principe de la concurrence libre et non faussée, la perte d'autonomie de la France sur la scène internationale... On ressert donc un texte identique, estime Jean-Pierre Chevènement, qui s'emporte: "On prend les Français pour des cons." (Voir la vidéo.)
Des critiques, il en distribue et il en reçoit. Et elles n'ont pas manqué ces derniers temps de la part du camp socialiste. A Lionel Jospin, qui dans son nouveau livre "L'Impasse" (Flammarion) l'accuse d'avoir contribué à le faire perdre en 2002 en se présentant également à la présidentielle, il rétorque plein de dédain: "Il est évident que Monsieur Jospin est le principal artisan de sa défaite. [...] Ce n'est pas très courageux."
Autre défaite, autre livre, autres attaques. Bernard-Henry Lévy, récent auteur de "Ce grand cadavre à la renverse" (Grasset), le dépeint en épouvantail à électeurs de gauche, avec sa "Marseillaise" et son drapeau tricolore, qu'il a conseillé à Ségolène Royal de mettre en avant. La riposte de Jean-Pierre Chevènement, encore plus sèche, ne se fait pas attendre: "C'est tellement ridicule que ça ne mérite même pas un commentaire. Je m'abaisserais à polémiquer avec cet individu." Reste qu'il poursuit en envenimant la... polémique, avec celui qu'il nomme "le petit télégraphiste de l'empire". (Voir la vidéo.)
Autre défaite, autre livre, autres attaques. Bernard-Henry Lévy, récent auteur de "Ce grand cadavre à la renverse" (Grasset), le dépeint en épouvantail à électeurs de gauche, avec sa "Marseillaise" et son drapeau tricolore, qu'il a conseillé à Ségolène Royal de mettre en avant. La riposte de Jean-Pierre Chevènement, encore plus sèche, ne se fait pas attendre: "C'est tellement ridicule que ça ne mérite même pas un commentaire. Je m'abaisserais à polémiquer avec cet individu." Reste qu'il poursuit en envenimant la... polémique, avec celui qu'il nomme "le petit télégraphiste de l'empire". (Voir la vidéo.)
Candidat malheureux aux dernières législatives dans le Territoire-de-Belfort, puis démissionnaire dans la foulée de son mandat de maire de Belfort, Jean-Pierre Chevènement entend néanmoins continuer à peser dans les débats.
Dans son bureau de la Fondation Res Publica qu'il préside, l'homme âgé de 68 ans évoque son avenir librement pendant que l'on range notre caméra. A la question de savoir s'il se présentera aux prochaines sénatoriales, il répond, mi-sérieux mi-goguenard: "Plutôt à la prochaine présidentielle, c'est la seule élection qui compte." Lâche-t-il alors totalement Ségolène Royal? "Ce n'est pas sûr qu'elle se présentera..."
Dans son bureau de la Fondation Res Publica qu'il préside, l'homme âgé de 68 ans évoque son avenir librement pendant que l'on range notre caméra. A la question de savoir s'il se présentera aux prochaines sénatoriales, il répond, mi-sérieux mi-goguenard: "Plutôt à la prochaine présidentielle, c'est la seule élection qui compte." Lâche-t-il alors totalement Ségolène Royal? "Ce n'est pas sûr qu'elle se présentera..."